NADAL ET LA FABRIQUE DES MYTHES

Le capitalisme a basé sa survie sur la création de mythes, de fables, de fiction, de grands récits… L’application de ce principe dans le domaine du sport implique la mise en place de légendes : Messi, Ronaldo, Schumacher, Slater, Riner, Bolt, etc… Personne ne sera assez con pour penser que ces gens là sont réellement plus forts que les autres. Il suffit juste d’être sportif pour le savoir. Enfin, un sportif émancipé, à l’esprit critique, j’entends…. Le cas du Tennis est un exemple remarquable. Une des caractéristique du capitalisme est sa soif dévorante d’accumulation. Les parasites prédateurs n’en ont jamais assez. Alors, pourquoi ne pas créer 2 mythes au lieu d’un seul, ça permettrait de vendre encore plus de T-shirts, de chaussures, de billeterie, etc… Aujourd’hui, dans le tennis, c’est chose faite. A tel point que le mythe N°1 Féderer, laisse le soin au mythe N°2 (Nadal) de s’exprimer sur la terre battue en toute liberté. Lorsque le pot belge espagnol sera trop vieux et usé et que le défiscalisé Suisse Dubaïote sera hors course, le 3 ème mythe ressurgira, le poing levé, pour perpétuer l’histoire et prolonger le gavage capitaliste. Djoko sera bientôt de retour. Le capitalisme ne va quand même pas laisser crever la marque Lacoste, non ? Idéalement, nous aurions un mythe par saison ou surface. La terre avec Nadal ou Thiem, le gazon avec Fed, l’indoor avec Isner (il va quand même nous falloir un américain à un moment), Zverev sur dur, etc… Dès lors, il serait possible de vendre 4 fois plus de saloperies. Et nos enfants, Nike aux pieds, couleront des jours heureux en jouant à TennisWorldTOur, sans jamais avoir touché une raquette de leur vie…. Et, en attendant l’effondrement général du capitalisme, nous regarderons tout ça avec des yeux attendris en vénérant je ne sais quel autre Dieu imaginaire.

Le Soldat Amédéo

Le film « En Guerre », de Stephane Brizé, avec Vincent Lindon dans le rôle du soldat Amédéo, nous montre les drames, les ambiguïtés et les difficultés de la lutte sociale. La détresse dans laquelle il nous laisse pourrait nous laisser démunis quand à la conduite à tenir en la matière. Il nous laisse pourtant qu’une solution, la récupération au profit de la classe prolétarienne de la devise néo-libérale Tatchérienne : « There is no alternative ». Il n’y a pas d’autre alternative que d’être en guerre.

Du film « En Guerre », de Stephane Brizé, avec Vincent Lindon, on en sort épuisé, les membres encore tout tremblants de la violence du choc ressenti. Et puis la haine monte, lentement, mais surement. Une boule se forme au niveau de l’estomac jusqu’à la gorge qui se noue inexorablement. Une haine puissante, inextinguible, dévastatrice et ineffaçable. Une haine qui a identifié son objet. Une haine que nous savions déjà là mais dont l’expression ne trouvait pas de point d’appui. Anciennement tourné vers un système abstrait, l’objet de cette haine s’en trouve aujourd’hui réifié. Désormais l’ennemi a un visage et des noms.

Le film de Brizé aura à minima ce mérite. Celui de nous apprendre à identifier notre ennemi. Bien sur nous savions déjà que les dominants s’incarnaient dans la figure des chefs d’entreprises, des cadres dirigeants, de leurs protecteurs, les politiques. Mais nous possédons maintenant une nouvelle arme. Nous savons les repérer en fonction de ce qu’ils disent. Et leur appartenance au clan opposé réside dans une phrase toute simple et ses nombreuses variantes. Dès lors que vous entendez « mais tu sais, il n’y a pas d’autres solution » ou « c’est comme ça on ne peut pas faire autrement », ou encore « oui mais c’est la moins mauvaise des solutions », vous savez que, face à vous, vous avez un irréductible défenseur du système oligarchique en place et que cette personne choisira toujours votre sacrifice, plutôt que la remise en cause de l’ordre établi et ce choix sera systématique quelle que soit la situation dans laquelle vous vous trouverez. Cette personne choisira toujours de vous effacer, de vous supprimer, de vous nier, de vous tuer. Vous aurez devant vous votre potentiel meurtrier.

Nous ne faisons pas la guerre à un « système » même si nous souhaitons plus que tout sa destruction, nous faisons la guerre à des personnes, des individus qui incarnent ce système. Des individus dont les arguments se retranchent derrière la défense idéologique inébranlable de ce système. Nous nous battons face à des Eichmann, des petits soldats sans âmes, irréductibles, incarnés par les personnages entourant le PDG Hauser, les DRH, les conseillers juridiques, les hommes de marketing. Des Eichmann qui ne pensent pas, qui n’ont qu’une logique, celle du marché. La logique qu’on leur a enseignée toute leur vie. Ils sont dans leur temps, ils vivent dans leur époque, et dans cette époque, il n’y a pas d’alternative. C’est comme ça. Point final.

Au delà de cette haine perceptible, forte et légitime, le film conforte une position politique claire et implacable. Celle qui consiste à dire qu’il n’y a pas de solution intermédiaire. Le capitalisme ne se réformera pas. Il mourra tel qu’il est. Et il ne se réformera surtout pas de l’intérieur. Si tout cela « est comme ça », il est donc vaint d’essayer de le réformer. Toute tentative de générer parallèlement des expériences alternatives est fatalement vouée à l’échec. Raisonnement implacable et terrifiant. Et cela nous amène irréductiblement à la seule conclusion possible. Le capitalisme doit disparaître. Vite. Avant que nous soyons tous immolés de grès ou de force, comme Amédéo, le personnage incarné par un Vincent Lindon remarquable… Ou plutôt, devrais-je dire, nous devons le faire disparaître. Il est dès lors inutile de se rallier à des partis politiques réformistes, fussent-ils d’obédience « France Insoumise ». Car le capitalisme trouvera toujours des moyens de chantage, comme le laisse parfaitement entrevoir le film, pour nous diviser, ce qui ne serait pas très difficile, ce qui n’est pas très difficile, ce qui est déjà tout simplement le cas. Notre combat, si toutefois nous souhaitons obtenir une victoire in fine, doit être total et sans condition. Nous devons tous être des Amadéo. Car lui seul possède les clés de la victoire. La chute du capitalisme passe par la suppression de la notion de capital et par l’abolition de la propriété lucrative. La logique de guerre contre le capital nous impose un raisonnement dual. Une porte ne peut être à la fois ouverte et fermée. Il n’y a pas de gris dans cette histoire. Il n’y a pas d’eau tiède. Il n’y a pas de place pour des compromis qui nous conduiraient irrémédiablement à l’échec. C’est noir ou blanc. Dans la logique capitaliste comme dans la logique anticapitaliste, il n’y a pas d’alternative. Il est vraiment l’heure de se mettre « en guerre ».

APT (transactions de paiement automatisé) – Edgar Feige

Dans le sillage des propositions de Yann Moulier Boutang, voici la proposition du Pr Feige, préconisant l’application d’une taxe sur les transactions financière destinée à financer le Revenu de base.

« Est-il possible d’avoir un système fiscal simple, efficace, progressif et sans incidence sur les recettes? Et celui qui remplace toutes ces taxes énumérées ci-dessus? En fin de compte, oui.
Capitalisant sur la technologie de traitement des données financières, nous pouvons créer un système fiscal pour le 21ème siècle qui soit simple à comprendre et facile à administrer. Le concept de cette taxe sur les transactions a été développé par le professeur d’économie de l’Université du Wisconsin, Edgar L. Feige, qui se réfère à l’idée de la taxe sur les transactions de paiements automatisés.
Vous pouvez trouver les documents originaux du professeur Feige détaillant la taxe sur les transactions de paiement automatisé (APT) en cliquant sur les liens à gauche. Les documents décrivent un plan simple pour remplacer notre système complexe actuel de recettes fédérales et étatiques, les taxes de vente, d’accise et successorales. Ce n’est pas une science de fusée; c’est en fait juste de l’arithmétique simple.
De plus en plus de partisans de ce concept ont développé un nouveau site Web et une page Facebook pour expliquer le concept du Dr Fiege et amener les gens à discuter de cette idée géniale. Voici les liens.
Le site web de la taxe sur les transactions
La page Facebook de la Transaction Tax
Qu’est-ce que l’APT? Afin d’obtenir le même montant de revenus que notre système fiscal actuel, une taxe APT «neutre en termes de revenus» imposerait un taux d’imposition unique minime sur chaque transaction dans l’économie. Cette taxe de transaction remplacerait complètement notre système actuel – ne sera pas ajouté dessus.
Étant donné que le volume de toutes les transactions est estimé à 100 fois plus élevé que l’assiette fiscale actuelle, le taux d’imposition uniforme nécessaire pour augmenter le même montant de recettes est juste un centième du taux d’imposition moyen actuel d’environ 30%. Ainsi, si les transactions restaient à leur niveau actuel, le taux d’imposition de l’APT serait de trois dixièmes de un pour cent (0,35%) sur chaque transaction. Même si le total des transactions diminuait de 50%, le taux d’imposition APT neutre ne serait que de six dixièmes de pourcent (0,7%) réparti équitablement entre l’acheteur et le vendeur dans chaque transaction, chacun payant ainsi 0,35%.
Feige détaille comment le remplacement de notre régime fiscal actuel par une taxe APT pourrait économiser au gouvernement et à ses citoyens jusqu’à 500 milliards de dollars annuellement en éliminant les coûts de conformité, de recouvrement, d’exécution et d’inefficacité de notre régime fiscal actuel. Les économies supplémentaires accumuleraient la société en général, qui sont impossibles à calculer. Pensez à tous ces beaux arbres qui resteront debout lorsque nous arrêterons d’imprimer le code des impôts de 70 000 pages et les millions (peut-être des milliards) de copies de formulaires avec des instructions qui sont toujours utilisées au niveau fédéral et au niveau des États.
Comment cela fonctionnerait-il? Considérez une famille avec un revenu annuel de 60 000 $, payant 20 000 $ en paiements d’intérêts et d’hypothèque sur leur maison et dépensant 40 000 $ pour tous les autres articles. La famille a des transactions totales de 120 000 $. Aujourd’hui, cette famille devrait payer environ 20 000 $ en taxes. En vertu de la taxe de l’APT, avec un taux de 0,7%, ils paieraient 210 $ (0,35% x 60000 $) sur leurs recettes et 210 $ sur leurs dépenses pour un impôt total de 420 $. Leur employeur paierait 210 $ d’impôt sur le paiement du revenu, la compagnie hypothécaire paierait 70 $ sur ses reçus et les commerçants recevant les 40 000 $ d’autres dépenses de la famille paieraient 140 $ de plus en impôts. Au total, le gouvernement recevrait 840 $. Et toutes les taxes seraient automatiquement évaluées et payées sans produire de déclaration de revenus.
Comment le gouvernement collecte-t-il suffisamment d’impôts pour payer ses factures? La plus grande partie des recettes proviendrait du volume massif des transactions boursières et obligataires et des opérations de change dont aucune n’est imposée. On pourrait s’inquiéter du fait que l’imposition de taxes sur ces types de transactions étoufferait l’activité économique dans ces domaines critiques, cependant, la taxe est si petite qu’elle serait éclipsée par les simples fluctuations de prix qui se produisent habituellement pendant le processus commercial. Bien que les opérations de «day trading» et de change à court terme diminueront certainement, la réduction de ces transactions «hot money» ne fera que réduire l’activité spéculative du marché, réduisant ainsi la volatilité des prix sur ces marchés.
Bien que chaque transaction volontaire soit évaluée au même taux d’imposition bas, la taxe APT est équitable et équitable car la partie la plus riche de la population exécute une part disproportionnée des transactions financières, alors que les membres les plus pauvres de la société effectuent relativement peu de transactions financières. beaucoup moins de richesse à gérer. Donc c’est intrinsèquement progressif.
Comment fonctionnera le système d’impôt de l’APT?Chaque banque, maison de courtage ou autre compte financier établi par une personne, une société ou un autre organisme imposable paiera 0,35% sur TOUS les fonds entrant ou sortant de ce compte. La taxe serait automatiquement transférée à un compte de perception fiscale du gouvernement fédéral dans le même établissement. Ce sera le cas pour les traders, les investisseurs obligataires, les options et les futures. les citoyens étrangers, les entreprises et les gouvernements qui échangent leur monnaie contre des dollars américains; un couple qui achète une nouvelle voiture (pas plus de taxe de vente de 8,25%, au lieu de 0,35% de taxe APT); et, un adolescent achète des billets de cinéma avec une carte de crédit. Le mouvement des fonds est imposé et collecté immédiatement sans enregistrer qui ou quoi était la source de fonds ou le destinataire. Ce système automatisé éliminerait totalement le besoin de produire des déclarations de revenus et des déclarations de renseignement. »

#balancetapub – le RGPD

#Balancetapub, Une chronique critique sur la publicité, le marketing et la communication. Aujourd’hui, Martial nous parle du RGPD, une réglementation qui doit prendre effet au 25 Mai de cette année mais dont on peut douter de la réelle efficacité du fait de la collusion entre pouvoir politique et pouvoir économique.

Comprendre le revenu de base et le salaire à vie #16

Comme vous le savez, nous essayons d’être impartiaux sur ce sujet en abordant les avantages du Revenu de base tout autant que ceux du Salaire à vie de Bernard Friot. Mais dans le même esprit d’ouverture, nous essayons également d’en percevoir les limites. Pour nous les donner, c’est Jéremy Briantais qui s’y colle !!

E.Leclerc, ou l’agitation capitaliste

La dernière publicité du groupe Leclerc vous propose de rapporter en magasin les prospectus de l’enseigne que vous recevez dans votre boite aux lettres. En contrepartie de tout prospectus ramené, l’enseigne propose de reverser 2 centimes d’euro à la fondation pour la recherche médicale…..
La première fois que j’ai pris connaissance de cette communication, je me suis dit que l’enseigne poursuivait ses actions en faveur d’un meilleur comportement écologique qui s’inscrivait dans la suite logique d’opérations du type « Nettoyons la nature » …
Et puis, bien conscient que la communication des marques n’est jamais gratuite et la plupart du temps profondément manipulatrice, je me suis mis à réfléchir à l’objectif dissimulé de cette action de green-washing. Et ceci d’autant plus qu’un grand nombres d’incohérences sont immédiatement décelables.
Il paraît en effet pour le moins indécent de demander à autrui, qui plus est quand autrui en est la victime, de réparer son propre méfait! Pourquoi l’enseigne ne prend elle pas tout simplement la décision de supprimer directement tout recours à cette forme de publicité ?
Ensuite, demander le retour des prospectus revient à en reconnaître implicitement la nuisance. Le prospectus pollue, détruit les forêts, constitue une intrusion insupportable dans la vie des individus. C’est une aberration écologique. Son seul intérêt, c’est de permettre au distributeur de gagner de l’argent et pas seulement par la vente des produits qui y sont promus mais dans la conception même de l’outil. Il faut savoir en effet que la fabrication d’un prospectus donne lieu à une participation financière des industriels sous la forme de ce que l’on appelle la « coopération commerciale ». Un racket organisé, qui permet non seulement au distributeur de financer l’intégralité du prospectus mais qui lui permet aussi de dégager une marge nette substantielle dans une non-transparence absolue.
Ce qui m’a également surpris, c’est la contrepartie caritative. Pourquoi en effet conditionner la démarche soit-disante altruiste, en faveur de la recherche pour Alzheimer, à la récupération de prospectus, ce qui, il faut bien le constater, n’a pas grand-chose à voir… Un soutien direct, franc et massif pour la recherche aurait sans doute épargné à l’enseigne les réactions comme celle que je peux avoir aujourd’hui.
Le pire étant évidemment la limitation. L’opération est conditionnée. Il faut être porteur de la carte E.Leclerc et vous ne pouvez pas rapporter plus de 3 prospectus… Pourquoi une telle pingrerie ?
En fait, c’est grâce de cette contingence que la supercherie peut être dévoilée. La recherche pour Alzheimer, il va de soit que Leclerc n’en a cure, sinon il aurait été beaucoup plus simple d’effectuer une donation directe ou de ne pas limiter le nombre de prospectus rapporté. En réalité, le but non avoué de l’opération est de faire en sorte de maximiser la prise en main des prospectus, de s’assurer que les clients potentiels en prennent connaissance, d’en optimiser la lecture. Tout en s’appuyant sur une posture tentant de nous persuader que l’enseigne rejette l’utilisation de ce média en reconnaissant son caractère anti-écologique.
Cette opération est confuse et témoigne finalement d’une grande panique.
Le capitalisme semble s’enliser dans ses contradictions, ne sachant plus quoi inventer pour prolonger son règne de quelque années supplémentaires . Gavé de publicité, lobotomisé aux mécaniques promotionnelles trop complexes des enseignes pour être honnêtes, le « consommateur » ne se rend heureusement plus compte de rien. Un consommateur qui n’a d’ailleurs plus rien d’un « consom’acteur », n’en déplaise aux conseillers et au markéteux de tous poils.
Bien au contraire, il reste persuadé que Leclerc est une sorte de zorro, assurant la défense du citoyen face au lobby industriel ou aux méchantes corporations opposée aux dérégulations, symboles d’une modernité usurpée.
Ce n’est qu’à ce prix que le capitalisme peut encore espérer sauver sa peau.
Martial Bouilliol
NB : Puisque nous parlons de prospectus, je vous invite à signer cette pétition destinée à en limiter les funestes effets : https://www.change.org/p/nicolas-hulot-interdisons-les-prospectus-publicitaires-non-sollicit%C3%A9s