Vaincre Macron, c’est possible !

« Vaincre Macron », c’est le titre du nouveau livre de Bernard Friot. A l’occasion de sa sortie, Histoires Populaires a souhaité rencontrer le brillant économiste pour en savoir un peu plus et pour comprendre comment nous devons passer à l’offensive ! Alors, accrochez vos ceintures, ça va remuer sévère !

Et n’oubliez pas que le combat commence par le partage de cette vidéo !

Le dépassement des partis ou le risque de la disparition des idéologies

Dépasser les partis ? Pour quoi faire ?

L’élection de Macron signe aujourd’hui la victoire d’une vision qui voudrait que les partis politiques soient la cause des défaillances observées dans notre démocratie actuelle.

Cela renvoi d’ailleurs à une vision ancienne ayant conduit à la mise en place de la 5ème République, puisque le général De Gaulle lui-même justifiait ainsi la mise en place du suffrage universel pour l’élection du président. Il faut selon-lui, que le chef de l’État soit au dessus de la mêlée afin qu’il dirige son gouvernement dans l’intérêt de tous, et non dans l’intérêt d’une fraction de la population :

Cette vision comporte évidemment des failles. En effet, dans la constitution, il est clairement exposé que  :

« Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie.

Ils contribuent à la mise en œuvre du principe énoncé au second alinéa de l’article 1er dans les conditions déterminées par la loi. (« La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales. »)

La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation. »

En réalité, le rôle des partis n’est pas de diviser les citoyens entre eux en fonction de leurs inclinations, mais bien de les rassembler politiquement en fonction de grandes idéologies afin que l’on puisse arbitrer entre les différentes visions politiques présentent dans la société.

Les idéologies permettent a chaque individu d’adopter une analyse du monde, une explication de la réalité sociale et économique. Vouloir abandonner ou dépasser les partis qui portent ces idéologies, ce serait admettre que toutes les idéologies se trompent et qu’il serait possible de prendre les bonnes décisions sans aucun a priori d’aucune sorte.

Technocratie / Idéologie :

Et si la macronisation des esprits nous conduisait à une dictature technocratique ?

L’aboutissement d’une telle réflexion, et sa victoire électorale récente, nous livre en réalité à la technocratie, à savoir une forme de gouvernement des « sachants », bien formés, bien placés dans la hiérarchie institutionnelle et qui peuvent donner l’illusion que lorsque l’on possède les données d’un problème, la solution s’impose d’elle même, un peu comme l’arithmétique.

Cette pseudo idéologie technocratique pourraient fonctionner si notre société n’était que pure mécanique, et encore, pour un ingénieur il existe souvent de multiples solutions pour résoudre un même problème, et il est souvent obligé d’en tester plusieurs avant de choisir celle qui semble la plus efficiente.

Notre société est bien plus complexe qu’une simple machinerie mécanique, elle est traversée par des dynamiques sociales, des transformations, des évolutions qui dépassent les capacités d’adaptation de nos institutions. Pourtant, nous écrivons aujourd’hui la loi, plus où moins de la même manière qu’il y a 2 siècles. C’est plutôt de ce constat qu’il faudrait tirer des solutions à l’inefficacité actuelle de notre système, et associer les citoyens à l’élaboration des lois et des règlements, afin qu’ils s’en réapproprie la complexité, les équilibres à trouver, et contribuer enfin à mettre en sourdine la vague populiste qui tire si facilement son épingle du jeu dans le climat actuel.

L’intérêt des idéologies et des partis face à une technocratie froide, c’est qu’ils poursuivent un idéal, ce dernier est normalement fondé sur les valeurs commune de la société, schématiquement pour le cas de la France, ces valeurs sont bien représentées par notre devise : « Liberté, Égalité, Fraternité ». Ils diffèrent ensuite sur les moyens d’atteindre cet idéal, et sur les causes qui empêchent de l’atteindre.

La technocratie en revanche ne possède aucun idéal, si ce n’est celui de la gestion de l’État, elle ne possède aucun objectif, ni aucun préjugé concernant les causes et les solutions. la technocratie ne choisie aucun cap, si ce n’est celui du sens du vent. Sa vision du monde est uniquement comptable, mesurable. Finalement, elle ne recherche aucune transformation de la société, mais uniquement son maintien dans un état de fonctionnement viable.

La réalité rattrapera cependant cette technocratie, puisque la classe dirigeante n’est pas neutre politiquement, elle est, elle-même, bercée d’idéologies. Cette élite est également souvent le produit des mêmes milieux sociaux, des mêmes écoles, des mêmes parcours professionnels. Ce fait élitiste actuel ne disparaîtra pas avec l’abandon des idéologies, au contraire, il le renforcera en fermant le faible accès existant de la nouveauté à travers les idéologies et les partis. L’appareil d’État sera donc livré à une forme d’idéologie dominante que personne n’aura pu choisir, mais qui s’imposera d’elle-même sans qu’il soit possible de l’infléchir. Elle s’auto-justifiera en expliquant que chaque décision est la meilleure possible.

Pour finir, je vous invite à regarder le très bon documentaire :

« Ces conseillers qui nous gouvernent »

Il montre avec brio les stratégies technocratiques, et la difficulté de gouverner une administration, même lorsque l’on possède une idéologie forte et une bonne connaissance des rouages.

Pour celles et ceux qui souhaitent poursuivre la discussion, vous pouvez bien entendu le faire en commentaire. Sachez toutefois qu’une discussion riche est déjà engagée sur Facebook et que vous pouvez la rejoindre :

La discussion Facebook

Front républicain ou Front national ?

Le double-jeu de la République

par Serge Bastidas

L’affaire semble entendue et ne plus souffrir le débat : dimanche prochain, nous voterons tous pour Emmanuel Macron. Pour sauver la France, pour sauver la République, pour sauver la démocratie en danger, nous devons nous mobiliser, malgré l’aversion et l’animosité que suscitent le candidat d’En Marche ! et son programme, et leur accorder un suffrage, qui, insistons-nous, « ne sera en aucun cas un blanc-seing » pour gouverner.

Ainsi, face au « péril fasciste » que représente le Front national, tous les « acteurs » de la vie politique française (médias, politiciens et citoyens) se sont mis en marche (c’est le cas de le dire) pour expliquer aux autres (ceux qui doutent encore) ce qu’il faut faire, à l’aide d’une pédagogie bien rodée, dépoussiérant par là même un ancien théâtre de marionnettes qui porte le nom très évocateur de Front républicain.

Notez bien la majuscule au mot front, car elle est cruciale : son omission empêcherait de saisir que ce Front, qui se constitue spontanément par un mimétisme d’affects antifascistes à l’occasion de chaque arrivée du Front national au second tour d’une élection, c’est un véritable mouvement politique, reconnaissable entre tous à sa biologie éphémère (il ne dure que deux semaines) et à sa constitution contrainte (on voudrait faire autrement). En un mot, il s’agit ni plus ni moins que d’un deus ex machina qui revient chaque fois que la Ve République et ses institutions sous respirateur artificiel doivent être ranimées d’urgence.

La force idéologique du Front républicain réside précisément dans sa capacité à mobiliser les citoyens, pourtant de moins en moins enclins à avaler les couleuvres lancées quotidiennement par les experts, pour tirer d’eux un consentement d’un instant, le temps d’un vote. Mais chacun semble y trouver son compte : d’un côté, les électeurs du Front national jubilent d’affronter une énorme coalition, un Goliath qu’ils fantasment un jour de terrasser ; de l’autre, les « Républicains » sont soulagés d’avoir fait leur bonne action en sauvant la démocratie, quitte à s’être un peu salis. Voilà comment se forme une émotion doublement théâtrale, de joie démente et de lamentation hypocrite, sur chaque moitié du visage de Janus de la République sépulcrale. Ceux qui, ne trouvant pas où se placer dans ce schéma des consciences, ont le malheur d’envisager l’abstention, le vote blanc ou le vote nul, sont raillés, moqués, insultés et parfois menacés par les frontistes des deux écoles : ils ont droit à tous les respects que la République unie mais divisée réserve à ses dissidents, ceux qui ne se satisfont pas d’un choix arraché de force.

Et qui peut leur en vouloir, eux qui ont à choisir entre le pire et le pire, entre l’ultra-libéralisme et le nationalisme autoritaire ? Les programmes de monsieur Macron et de madame Le Pen s’opposent, certes. Mais s’ils sont opposés, ils sont surtout complémentaires : ils sont les deux versants d’une même pièce, mais les deux faces n’en sont pas moins hideuses l’une que l’autre. Seulement, l’une a le bonheur d’être plus invisible, plus masquée, moins ouvertement outrancière. Car la destruction progressive du code du travail que nous promet Emmanuel Macron (et qu’il a déjà bien amorcée) et donc la précarisation grandissante des travailleurs, qui en retour alimente l’extrême-droite, ne se voit pas à court terme, mais seulement dans la durée, lorsque tous les effets législatifs de modification des règles du jeu salarial sont entrées dans les stratégies d’entreprises. Aussi, l’une n’est pas pire que l’autre à cause de son racisme ou de sa xénophobie. Mais ceux qui la mort dans l’âme iront soutenir le candidat de l’extrême-finance essaient de nous convaincre de faire pareil par un calcul arithmétique qui veut que le racisme est à peu près pire que tout ; or cette opération est simpliste et grotesque. Ce serait comme nous dire : « si vous vous jetez du 20e étage, vous souffrirez moins que si vous sautez du 30e. » Que la mort soit assurée dans tous les cas n’entre visiblement pas en ligne de compte dans l’équation.

De fait, toutes les exhortations au « courage » et au « dépassement des états d’âme » « nécessaires » pour « faire le choix qui s’impose », au-delà de leur similarité lexicale troublante avec les schèmes les plus typiques de la pensée ultra-libérale (« There is no alternative »), résonnent comme les ressorts d’une terrible manipulation et d’un chantage inconcevables dans un régime qui se prétend démocratique. Elles sont d’autant moins légitimes qu’elles sont hors de propos. Le courage ne réside pas dans l’obéissance aveugle à la bienséance anti-raciste qu’on brandit à tour de bras dès qu’on se confronte au Front national1. Lorsque l’action est mauvaise, le courage réside dans l’inaction ; lorsque le vote est indésirable parce qu’impossible, lorsque le choix est un non-choix, la détermination et la force de caractère se lisent dans les bulletins silencieux, car, dans une situation aussi critique que la nôtre, de tels silences sont les plus éloquents discours.

1 La bienséance antiraciste est une idéologie délirante qui trouve normal de s’unir contre le Front national au second tour à cause de son caractère anti-républicain, mais qui autorise tout de même ce parti à exister à se présenter au nom du droit à la constitution de parti politique garantie par… la République.

Vers le Sénat et au-delà, la gravitation en politique

Vers le Sénat et au-delà, la gravitation en politique

Pourquoi et comment transformer notre système politique ?

par Aurélien Vernet

Comment comprendre le système politique français à travers la loi… de la gravitation. Le parallèle astronomique nous ramène aux fondamentaux du fonctionnement de nos institutions et trace un avenir possible de la transition vers une véritable démocratie.

Cette conférence, dont vous voyez ici un extrait, a été donnée pour la première fois en mars 2017. Elle s’inscrit dans une logique militante d’éducation populaire. Elle a été conçue sous la supervision de Franck Lepage et Thierry Rouquet, tous deux militants de longue date de l’éducation populaire.

Elle est destinée à être produite dans des festivals de conférences gesticulées, des festivals alternatifs, mais elle peut être également « commandée » de façon indépendante dans des cadres événementiels ou lors de séminaires pour des associations ou des syndicats souhaitant partager et approfondir leur culture du fonctionnement des institutions et découvrir les outils citoyens qui permette de les faire évoluer.

Contact : Aurélien Vernet – 06 70 36 05 93
aurelien.vernet@interface-conscience.com

Ci-dessous vous trouverez la dernière version de la conférence, capté par le Mouvement Utopia à Saint-pierre-des-corps :

La fiche de la conférence, sur le site des conférenciers gesticulants : Vers le Sénat et au-delà, la loi de la gravité en politique !

Je suis juriste en droit public, animateur scientifique en astronomie pour une association d’éducation populaire aux sciences, et pendant 6 ans, j’ai été collaborateur parlementaire au Sénat pour une sénatrice, puis un sénateur écologiste.

J’ai également co-créé un collectif de Lobbying Citoyen, pour permettre aux citoyennes et citoyens de se réapproprier le pouvoir d’agir et d’influencer les décideuses et décideurs dans le sens de l’intérêt général.

Je mets en perspective ces différentes expériences éducatives, militantes et politiques afin de dégager des pistes d’actions collectives pour transformer notre système politique actuel.

J’entremêle l’astronomie et les lois de l’univers avec le fonctionnement de notre parlement et plus généralement de notre démocratie. Ces deux domaines a priori sans aucun lien entre eux sont en effet gouvernés par des lois, parfois subtiles ! Sauf que contrairement aux lois de l’Univers, les lois de notre démocratie ne sont pas immuables !

La conférence donnée à Lyon, à la MJC Jean Macé lors du Festi’Conf 2018 :

Affiche crée pour la conférence donnée à Rouen en décembre 2017 :

Crédit : Corinne Sbeih