#Propaganda ou le décryptage du Marketing de la manipulation

Une fois encore ARTE frappe fort avec une web-serie et un long métrage documentaire qui décortiquent et analysent le marketing d’aujourd’hui, mais aussi les fondements historiques de la propagande et le rôle majeur d’Édouard Bernays dans la naissance de « La Fabrique du consentement » au cour du 20ème siècle.

D’ailleurs, le long métrage rappelle énormément la conférence gesticulée de Martial Bouilliol : Une autre histoire de la publicité.

Vous trouverez la web Série ici :

https://www.arte.tv/fr/videos/RC-015330/propaganda/

Et le documentaire de 55 minutes par là :

https://www.arte.tv/fr/videos/071470-000-A/propaganda-la-fabrique-du-consentement/

Sors-toi les droits

Heureusement qu’il y a de petites bulles de respiration dans notre espace démocratique actuel.

Ne déprimez-pas, les Civic Tech sont là !

Je ne suis évidemment pas du tout objectif, connaissant la plupart des acteurs de ce documentaire. Je peux seulement vous dire qu’ils sont sincères et motivés, et que nous avons déjà obtenu des résultats significatifs :

  • Une loi de démocratie participative co-construite avec Parlement et Citoyen pour interdire les pesticides dans toutes les collectivités territoriales de France (en application depuis le 1er janvier 2017), et qui interdira également la vente aux particuliers en 2019.
  • Concertation sur la loi numérique, plus de 8000 contributions, quelques dizaines sont rentrées dans la loi.
  • Concertation sur la loi biodiversité, ayant générée plus de 2000 contributions, quelques dizaines sont rentrées dans la loi dont notamment : l’interdiction des néonicotinoïdes (fameux pesticides tueurs d’abeilles), la liberté d’échange des semences entre agriculteurs et entre particuliers, la non-brevetabilité du vivant…
  • L’émergence d’une nouvelle chaîne parlementaire citoyenne : ACROPOLIS
  • L’émergence d’un média citoyen indépendant centré sur un contradictoire élaboré
  • La désignation de candidats aux élections de manière différente avec #MaVoix et LaPrimaire.org
  • Et bien d’autres que l’on vous laisse découvrir :

 

Le dépassement des partis ou le risque de la disparition des idéologies

Dépasser les partis ? Pour quoi faire ?

L’élection de Macron signe aujourd’hui la victoire d’une vision qui voudrait que les partis politiques soient la cause des défaillances observées dans notre démocratie actuelle.

Cela renvoi d’ailleurs à une vision ancienne ayant conduit à la mise en place de la 5ème République, puisque le général De Gaulle lui-même justifiait ainsi la mise en place du suffrage universel pour l’élection du président. Il faut selon-lui, que le chef de l’État soit au dessus de la mêlée afin qu’il dirige son gouvernement dans l’intérêt de tous, et non dans l’intérêt d’une fraction de la population :

Cette vision comporte évidemment des failles. En effet, dans la constitution, il est clairement exposé que  :

« Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie.

Ils contribuent à la mise en œuvre du principe énoncé au second alinéa de l’article 1er dans les conditions déterminées par la loi. (« La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales. »)

La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation. »

En réalité, le rôle des partis n’est pas de diviser les citoyens entre eux en fonction de leurs inclinations, mais bien de les rassembler politiquement en fonction de grandes idéologies afin que l’on puisse arbitrer entre les différentes visions politiques présentent dans la société.

Les idéologies permettent a chaque individu d’adopter une analyse du monde, une explication de la réalité sociale et économique. Vouloir abandonner ou dépasser les partis qui portent ces idéologies, ce serait admettre que toutes les idéologies se trompent et qu’il serait possible de prendre les bonnes décisions sans aucun a priori d’aucune sorte.

Technocratie / Idéologie :

Et si la macronisation des esprits nous conduisait à une dictature technocratique ?

L’aboutissement d’une telle réflexion, et sa victoire électorale récente, nous livre en réalité à la technocratie, à savoir une forme de gouvernement des « sachants », bien formés, bien placés dans la hiérarchie institutionnelle et qui peuvent donner l’illusion que lorsque l’on possède les données d’un problème, la solution s’impose d’elle même, un peu comme l’arithmétique.

Cette pseudo idéologie technocratique pourraient fonctionner si notre société n’était que pure mécanique, et encore, pour un ingénieur il existe souvent de multiples solutions pour résoudre un même problème, et il est souvent obligé d’en tester plusieurs avant de choisir celle qui semble la plus efficiente.

Notre société est bien plus complexe qu’une simple machinerie mécanique, elle est traversée par des dynamiques sociales, des transformations, des évolutions qui dépassent les capacités d’adaptation de nos institutions. Pourtant, nous écrivons aujourd’hui la loi, plus où moins de la même manière qu’il y a 2 siècles. C’est plutôt de ce constat qu’il faudrait tirer des solutions à l’inefficacité actuelle de notre système, et associer les citoyens à l’élaboration des lois et des règlements, afin qu’ils s’en réapproprie la complexité, les équilibres à trouver, et contribuer enfin à mettre en sourdine la vague populiste qui tire si facilement son épingle du jeu dans le climat actuel.

L’intérêt des idéologies et des partis face à une technocratie froide, c’est qu’ils poursuivent un idéal, ce dernier est normalement fondé sur les valeurs commune de la société, schématiquement pour le cas de la France, ces valeurs sont bien représentées par notre devise : « Liberté, Égalité, Fraternité ». Ils diffèrent ensuite sur les moyens d’atteindre cet idéal, et sur les causes qui empêchent de l’atteindre.

La technocratie en revanche ne possède aucun idéal, si ce n’est celui de la gestion de l’État, elle ne possède aucun objectif, ni aucun préjugé concernant les causes et les solutions. la technocratie ne choisie aucun cap, si ce n’est celui du sens du vent. Sa vision du monde est uniquement comptable, mesurable. Finalement, elle ne recherche aucune transformation de la société, mais uniquement son maintien dans un état de fonctionnement viable.

La réalité rattrapera cependant cette technocratie, puisque la classe dirigeante n’est pas neutre politiquement, elle est, elle-même, bercée d’idéologies. Cette élite est également souvent le produit des mêmes milieux sociaux, des mêmes écoles, des mêmes parcours professionnels. Ce fait élitiste actuel ne disparaîtra pas avec l’abandon des idéologies, au contraire, il le renforcera en fermant le faible accès existant de la nouveauté à travers les idéologies et les partis. L’appareil d’État sera donc livré à une forme d’idéologie dominante que personne n’aura pu choisir, mais qui s’imposera d’elle-même sans qu’il soit possible de l’infléchir. Elle s’auto-justifiera en expliquant que chaque décision est la meilleure possible.

Pour finir, je vous invite à regarder le très bon documentaire :

« Ces conseillers qui nous gouvernent »

Il montre avec brio les stratégies technocratiques, et la difficulté de gouverner une administration, même lorsque l’on possède une idéologie forte et une bonne connaissance des rouages.

Pour celles et ceux qui souhaitent poursuivre la discussion, vous pouvez bien entendu le faire en commentaire. Sachez toutefois qu’une discussion riche est déjà engagée sur Facebook et que vous pouvez la rejoindre :

La discussion Facebook

Pauvre Marx

Par Martial Bouilliol

 

La victoire d’Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle de 2017 consacre avant tout une excellente stratégie marketing mise en place par le pouvoir dominant.

Une fois de plus le capitalisme néo-libéral nous a montré son savoir faire de haute facture.

Marx avait beaucoup d’admiration pour les néo-classiques. Et il avait bien raison. Depuis Mandeville au 17ème siècle, puis avec Adam Smith, le capitalisme naissant a su bâtir des mythes et des fables qui ont constitué les fondements de son idéologie. Il a réussi à rendre crédible la Fable des Abeilles tout autant que le mythe de la main invisible. Et surtout, il a réussi à ériger cette simple croyance en système opérationnel.

Pauvre Marx, il n’avait pourtant pas tout vu.

Il n’a pas eu la « chance » de voir, par exemple, les think tank américains à l’oeuvre dans les années 20 et la naissance du formidable complot mis en scène par Edward Bernays relayé par Hoover, le 31ème président américain, en particulier lors de cette fameuse réception de 1928 où il convoqua l’ensemble de l’intelligentsia publicitaire américaine et lui tint à peu près ce langage : « Messieurs les publicitaires, notre récente expérience a prouvé que votre rôle est déterminant. Vous avez un pouvoir immense, celui de séduire les foules et de les faire penser ensemble, de façon commune… Dorénavant votre job à vous tous, publicitaires, c’est de créer le désir, de transformer les hommes en automates du bonheur, de les transformer en machines qui deviendront la clé du progrès économique. Bon travail et God bless America »

Il n’a pas non plus eu la « chance » d’assister à la révolution néo-libérale des années 80 qui a donné lieu en matière de publicité à l’incroyable idée diabolique consistant à substituer aux mécaniques du désir la mécanique de pulsion – je vous renvoie pour plus d’explications vers les théories de Bernard Stiegler à ce sujet.

Pendant ce temps, le peuple, fabriqué au consentement « chomskieste » se complaisait dans la servitude volontaire.

Le coup de grâce sera donc porté en France, en ce soir du 7 Mai 2017. Marx ne verra donc pas non plus le 3ème round de la saga capitaliste, un capitalisme certes un peu en tension, certes un peu à bout de souffle, mais toujours vivace et inventif.

Cette troisième « torsion » orchestrée par le pouvoir dominant ploutocratique ne pouvait pas mettre en scène une nouvelle révolution libérale. Deux révolutions, ça commence à être peu crédible. On a beau appeler à la rupture en permanence, faire la rupture sur la rupture sur la rupture, au bout d’un moment, le peuple peut s’apercevoir de la supercherie…

Il ne pouvait pas non plus inventer de nouvelles méthodes de manipulation plus performantes. Tout était déjà bien huilé. Le peuple se rendait déjà régulièrement au supermarché, avait l’impression de vivre en démocratie, croyait au libre-arbitre et était convaincu que le travail était émancipateur.

Il fallait donc que cette nouvelle torsion se déplace vers le terrain politique. En créant le FN d’une part et en théorisant la fin des partis d’autre part, le capitalisme a donc su trouver une porte de sortie honorable, réifiée par un pur produit pré-fabriqué, sans âme mais qui fait le boulot. Un petit pantin belle gueule qui saura, nul n’en doute, renvoyer la balle car c’est un excellent joueur de tennis de table. Et que de nombreuses garanties ont été prises.

Marx serait stupéfait de tant de machiavélisme. Une nouvelle fois, il serait admiratif des marketeux de l’ombre, du travail des think tank, de la prouesse des lobby.

Le capitalisme rebondit encore une fois. Tant que le roitelet n’est pas nu, il peut encore y croire. Mais jusqu’à quand ? Une nouvelle force grandissante gronde à ses portes. Une nouvelle génération de précaires qui a compris, en dépit de ses bac +5, qu’elle serait privée de l’accès au marché du travail. Leurs parents, issus de la petite bourgeoisie intellectuelle vont aussi, par capillarité, commencer à le comprendre. Alors il nous est permis d’espérer que le bloc historique de Gramsci se reforme. Une nouvelle alliance entre la petite bourgeoisie et les prolétaires. Une force incroyable de plus de 50 millions de français. Une France insoumise aux manipulations répétées de la doxa néo-libérale. Une France qui empruntera les pas de Michel Foucault à Zabriski Point et verra enfin la lumière sur son chemin.

Front républicain ou Front national ?

Le double-jeu de la République

par Serge Bastidas

L’affaire semble entendue et ne plus souffrir le débat : dimanche prochain, nous voterons tous pour Emmanuel Macron. Pour sauver la France, pour sauver la République, pour sauver la démocratie en danger, nous devons nous mobiliser, malgré l’aversion et l’animosité que suscitent le candidat d’En Marche ! et son programme, et leur accorder un suffrage, qui, insistons-nous, « ne sera en aucun cas un blanc-seing » pour gouverner.

Ainsi, face au « péril fasciste » que représente le Front national, tous les « acteurs » de la vie politique française (médias, politiciens et citoyens) se sont mis en marche (c’est le cas de le dire) pour expliquer aux autres (ceux qui doutent encore) ce qu’il faut faire, à l’aide d’une pédagogie bien rodée, dépoussiérant par là même un ancien théâtre de marionnettes qui porte le nom très évocateur de Front républicain.

Notez bien la majuscule au mot front, car elle est cruciale : son omission empêcherait de saisir que ce Front, qui se constitue spontanément par un mimétisme d’affects antifascistes à l’occasion de chaque arrivée du Front national au second tour d’une élection, c’est un véritable mouvement politique, reconnaissable entre tous à sa biologie éphémère (il ne dure que deux semaines) et à sa constitution contrainte (on voudrait faire autrement). En un mot, il s’agit ni plus ni moins que d’un deus ex machina qui revient chaque fois que la Ve République et ses institutions sous respirateur artificiel doivent être ranimées d’urgence.

La force idéologique du Front républicain réside précisément dans sa capacité à mobiliser les citoyens, pourtant de moins en moins enclins à avaler les couleuvres lancées quotidiennement par les experts, pour tirer d’eux un consentement d’un instant, le temps d’un vote. Mais chacun semble y trouver son compte : d’un côté, les électeurs du Front national jubilent d’affronter une énorme coalition, un Goliath qu’ils fantasment un jour de terrasser ; de l’autre, les « Républicains » sont soulagés d’avoir fait leur bonne action en sauvant la démocratie, quitte à s’être un peu salis. Voilà comment se forme une émotion doublement théâtrale, de joie démente et de lamentation hypocrite, sur chaque moitié du visage de Janus de la République sépulcrale. Ceux qui, ne trouvant pas où se placer dans ce schéma des consciences, ont le malheur d’envisager l’abstention, le vote blanc ou le vote nul, sont raillés, moqués, insultés et parfois menacés par les frontistes des deux écoles : ils ont droit à tous les respects que la République unie mais divisée réserve à ses dissidents, ceux qui ne se satisfont pas d’un choix arraché de force.

Et qui peut leur en vouloir, eux qui ont à choisir entre le pire et le pire, entre l’ultra-libéralisme et le nationalisme autoritaire ? Les programmes de monsieur Macron et de madame Le Pen s’opposent, certes. Mais s’ils sont opposés, ils sont surtout complémentaires : ils sont les deux versants d’une même pièce, mais les deux faces n’en sont pas moins hideuses l’une que l’autre. Seulement, l’une a le bonheur d’être plus invisible, plus masquée, moins ouvertement outrancière. Car la destruction progressive du code du travail que nous promet Emmanuel Macron (et qu’il a déjà bien amorcée) et donc la précarisation grandissante des travailleurs, qui en retour alimente l’extrême-droite, ne se voit pas à court terme, mais seulement dans la durée, lorsque tous les effets législatifs de modification des règles du jeu salarial sont entrées dans les stratégies d’entreprises. Aussi, l’une n’est pas pire que l’autre à cause de son racisme ou de sa xénophobie. Mais ceux qui la mort dans l’âme iront soutenir le candidat de l’extrême-finance essaient de nous convaincre de faire pareil par un calcul arithmétique qui veut que le racisme est à peu près pire que tout ; or cette opération est simpliste et grotesque. Ce serait comme nous dire : « si vous vous jetez du 20e étage, vous souffrirez moins que si vous sautez du 30e. » Que la mort soit assurée dans tous les cas n’entre visiblement pas en ligne de compte dans l’équation.

De fait, toutes les exhortations au « courage » et au « dépassement des états d’âme » « nécessaires » pour « faire le choix qui s’impose », au-delà de leur similarité lexicale troublante avec les schèmes les plus typiques de la pensée ultra-libérale (« There is no alternative »), résonnent comme les ressorts d’une terrible manipulation et d’un chantage inconcevables dans un régime qui se prétend démocratique. Elles sont d’autant moins légitimes qu’elles sont hors de propos. Le courage ne réside pas dans l’obéissance aveugle à la bienséance anti-raciste qu’on brandit à tour de bras dès qu’on se confronte au Front national1. Lorsque l’action est mauvaise, le courage réside dans l’inaction ; lorsque le vote est indésirable parce qu’impossible, lorsque le choix est un non-choix, la détermination et la force de caractère se lisent dans les bulletins silencieux, car, dans une situation aussi critique que la nôtre, de tels silences sont les plus éloquents discours.

1 La bienséance antiraciste est une idéologie délirante qui trouve normal de s’unir contre le Front national au second tour à cause de son caractère anti-républicain, mais qui autorise tout de même ce parti à exister à se présenter au nom du droit à la constitution de parti politique garantie par… la République.

L’erreur des macronistes

Les macronistes ont été indignés par les prises de paroles de JLM, ou plutôt par l’absence de prise de parole, puisque celui ci, conformément à son aspiration démocrate, a souhaité laisser ses électeurs choisir leur point de vue à leur guise.

Certes, la réaction de nombreux « Insoumis » a consisté en un premier temps à hurler  » Jamais je n’irai voter Macron ». Il s’agissait bien entendu d’un rejet logique, on ne peut pas demander à quelqu’un qui aspire à l’égalité sociale, qui souhaite la paix dans le monde, la concorde et la sauvegarde de la planète, de souscrire à un programme ultra-libéral, porteur de destruction écologique et de renforcement des inégalités au profit des riches et en maintenant la plus grande partie du peuple dans la précarité. Le chantage au vote, du fait de la présence du FN, conséquence des politiques libérales depuis la révolution tatchérienne, le chantage au vote est devenu une habitude et le peuple de gauche n’en peut plus.

Toutefois, il était tout aussi logique qu’après réflexion, la raison l’emporterait. Ou plutôt la nécessité absolue de faire barrage à l’ignoble.

Une des caractéristiques de la gauche est de s’entre-déchirer. Nous sommes capables d’oublier le vrai danger et de retourner notre ressentit contre les personnes qui participent à la même lutte que nous mais présentent des divergences. Une fois les choses calmées nous retrouvons en général l’esprit de la convergence. Mais dans l’intervalle, la tempête est parfois rude.

La première erreur des macronistes est de ne pas avoir donné le temps à la tempête de se calmer toute seule traduisant leur inculture sociologique.

La deuxième erreur a été la stigmatisation organisée. Les macronistes n’ont cessé d’utiliser l’insulte, manier le mépris, accabler JLM, tout le contraire de ce qu’il fallait faire. L’attitude méprisante de certains militants l’aura été jusqu’au bout, renforçant la méfiance du macronisme au sein du peuple de la gauche radicale, ce qui est un comble car le parti contre lequel il fallait s’opposer était bien évidemment le FN.

Enfin, le choix de l’argument n’était pas le bon. Aller accuser les « insoumis » de complicité avec le racisme est pour le moins une incroyable sottise et au pire la plus terrible des insultes quand on connait leur implication dans les luttes de toutes sortes contre le fascisme.

Les macronistes ont perdu leur lucidité, et ils porteront donc une lourde responsabilité dans le poids des abstentionnistes et du vote blanc.

Alors je me suis demandé pourquoi leur attitude avait été aussi peu stratégique et finalement contre-productive. En fait, ce qui a cristallisé leur attitude, c’est leur haine de Mélenchon et de la gauche radicale. Leur haine du communisme. Elle est viscérale, fondamentale. Leur rejet et leur dégout de tout système alternatif qui convoquerait un partage ou une meilleure répartition des richesses. Leur attachement sans limite à la propriété privée et à l’accumulation infinie du capital.

A partir de là, selon eux, les « Insoumis » ne pouvaient qu’incarner des êtres d’incompréhension. Ils étaient forcément dans l’erreur, dans le faux. Ils devenaient des ennemis.

La volonté de maintenir un système de domination basé sur la richesse matérielle va une fois de plus marquer cette élection, qu’elle entérine la victoire du libéralisme ou celle du fascisme. Mais il ne faudra jamais oublier une chose. La France libérale méprise tout autant le vote FN que l’insoumission de l’Avenir en Commun. Cette France libérale considère de la même façon les électeurs FN que les électeurs de la gauche radicale. Il s’agit pour eux dans les deux cas que de la vulgate populiste…

 

Martial Bouilliol